Classe inversée et apprentissage autodirigé

Un groupe de professeurs de Novancia a mené une expérimentation visant à évaluer les effets de la combinaison de deux pédagogies actives : la classe inversée et les enseignements autodirigés.
Le dispositif a été testé lors d’un cours d’initiation au management destiné aux étudiants de 1re année de Bachelor.

Étudiante © yanlev - Fotolia - CCIR Paris IDF

L’expérience est partie du questionnement de Caroline Verzat, enseignante et chercheuse sur les pédagogies innovantes : « Comment initier de jeunes bacheliers au management alors qu’ils n’ont aucune expérience professionnelle et se désintéressent rapidement d’un cours en face à face ? ». L’enseignante a alors l’idée de combiner 2 principes pédagogiques généralement bien accueillis par les étudiants :

  • la classe inversée : cours bâti sur les questions des étudiants pour encourager leur participation ;
  • l’apprentissage autodirigé, reposant sur l’autonomie et la liberté : l’étudiant choisit ses objectifs, sa stratégie d’apprentissage et le professeur l’accompagne.

« Si ces pédagogies sont adoptées par un nombre croissant d’établissements, il y a encore très peu d’études d’impact sérieuses sur les classes inversées en management, et aucune en ce qui concerne l’apprentissage autodirigé  » note Caroline Verzat.
L’enseignante a donc eu l’idée d’introduire ces pédagogies mais également d’en mesurer l’impact auprès des étudiants.

L’expérimentation :
3 groupes, 3 pédagogies différentes

L’expérimentation a été menée dans le cadre d’un cours d’initiation au management (24 heures de cours) en 1re année de Bachelor, l’an dernier.

Les 3 enseignants en charge de cette matière ont chacun adopté une pédagogie différente :

  • Pédagogie classique, c’est-à-dire cours magistral suivi de cas pratiques ;
  • Pédagogie inversée et autodirigée ;
  • Pédagogie mixte (certaines séances relevant de la pédagogie traditionnelle et d’autres de la pédagogie inversée et autodirigée).

Le contenu (plan, thèmes, théories abordées, cas étudiés…) était en revanche strictement identique, de même que le système de notation (la note étant constituée à 50% d’une note de travaux en groupes et à 50% d’un partiel individuel).

À l’issue des enseignements, les étudiants étaient invités à répondre à une enquête sur leur ressenti, l’objectif étant de comparer les résultats selon les pédagogies retenues. 232 réponses ont ainsi été recueillies (sur 275 étudiants interrogés).

Un impact positif sur la note, la capacité à apprendre et les émotions ressenties

L’analyse des résultats de l’étude, menée par Caroline Verzat et Maxime Jore, tous 2 enseignants-chercheurs à Novancia, montre que la combinaison de la pédagogie inversée et de l’apprentissage autodirigé impacte positivement les notes de groupe des étudiants.

Elle augmente également leur capacité et leur plaisir à travailler à plusieurs ainsi qu’à autodiriger leur apprentissage.

Concernant les émotions ressenties, 63% des discours des étudiants soulignent la joie, le plaisir et la fierté (contre 30% dans le cours reposant sur la pédagogie mixte et 14% dans le cours classique).

Un pourcentage très faible de discours évoque l’ennui et la frustration (8% contre 18% avec la pédagogie mixte et 38% la pédagogie classique).

L’expérimentation a été reconduite cette année et les résultats de l’étude, en cours d’analyse, feront l’objet d’articles scientifiques.

Professeur et étudiant © goodluz - Fotolia - CCIR Paris IDF